Hela Bahri
Fondatrice de Hé-là Parentalité
Consultante en parentalité consciente & Régulée.

Chroniques d’une parentalité consciente... Réflexions, vulnérabilité et croissance intérieure
Quand l’enfant idéal disparaît : Le deuil silencieux en Parentalité
Le jour où quelque chose a changé
À 9 ans, il était encore mon petit garçon.
Celui qui acquiesçait.
Celui qui disait oui sans discuter.
Celui qui me regardait comme si j’étais son monde.
La rupture intérieure
Puis il a eu 10 ans.
Et quelque chose s’est déplacé.
Il a commencé à dire non.
Pas violemment.
Pas méchamment.
Mais clairement.
Il refusait.
Il argumentait
Il s'opposait.
Il voulait comprendre avant d'obéir.
Il n’avait pas perdu l’amour.
Ni les câlins.
Mais il n’était plus dans l’adhésion automatique
Il grandissait.
Et moi… je résistais.
L’idéalisation
Autour de moi, on me disait :
Il est magnifique.
Il est intelligent.
IL est parfait.
Il est brillant.
Il va réussir.
Il deviendra quelqu'un
À force de l’entendre, j’ai construit une image.
Un enfant idéal.
Stable.
Lisse.
Prometteur.
Mais dans mon quotidien, je voyais un enfant qui évoluait.
Qui testait.
Qui s'imposait.
Qui construisait sa personnalité.
La confrontation
Quand l’école est entrée dans l’équation
— remarques, convocations, observations —
j’ai ressenti une vulnérabilité que je n’avais pas anticipée.
Le réflexe de « Gagner la guerre »
Je me suis équipée comme pour une bataille.
Je voulais défendre mon enfant.
Corriger ce qui dépassait.
Sauver l'image.
Puis j’ai compris que je me trompais de combat.
Le problème n’était pas lui.
C’était mon attachement à l’enfant idéal.
L’hyper-maternité ne vient pas d’un excès d’amour.
Elle vient souvent d’un excès de peur.
Peur du regard.
Peur de l'échec.
Peur du jugement.
Peur des institutions
Le travail sur moi
Alors j’ai commencé un travail sur moi.
Je me suis formée.
Je me suis entourée.
J'ai étudié.
J'ai questionner mes croyances.
Pour le laisser grandir, j’ai dû grandir aussi
J’ai compris que pour le laisser grandir,
je devais grandir moi-même.
Accepter qu'il ne soit plus mon bébé.
Accepter qu’il devienne lui.
Accepter que l'enfant réel remplace l'enfant idéal.
Je ne partage pas une vérité universelle.
Je partage un vécu.
Peut-être que cela ne résonnera pas pour vous.
Peut-être que votre enfant grandit autrement.
Peut-être que ce passage est plus doux.
Mais si vous ressentez parfois ce léger deuil silencieux,
alors sachez que vous n'êtes pas seul(e).
Grandir ensemble
Grandir comme parent n’est pas une science infuse.
C'est un ajustement permanent.
Et parfois,
c'est accepter de laisser tomber l'idéal
pour rencontrer l'enfant réel.
Hela Bahri
Fondatrice de Hé-là Parentalité
Consultante en parentalité consciente & Régulée.
Blog Hé-là Parentalité
Si ce témoignage fait écho à votre propre chemin,
je suis disponible pour en parler.
Pas pour donner des leçons. Mais pour cheminer avec vous.
Retrouvez moi sur Instagram, je raconte des Z'Anecdotes souvent étouffées.

Et comment ça résonne en moi. Je suis contrairement à toi en désarroi ! Mon bébé, mon garçon, le Benjamin. On était fusionnel. On portait le même pull. Il n'y avait que sa tête qui dépassait à côté de la mienne ! Trop mignon, trop chou. Je me disais, cet enfant est un cadeau du ciel. Les autres mamans à l'école me demandaient où est-ce qu'elles pouvaient en commander un ;-)
Un jour, il s'est renfermé sur lui-même. Plus de complicité, plus de câlins. Il répétait que c'est sa vie privée, ça lui appartient seulement à lui et qu'il va la protéger. Je ne connais pas ses amis, ses hobbies, ses projets. Il me montre son amour en me taquinant. Ça me rassure mais ce n'est pas suffisant.
En te lisant Hé-là, j'ai senti un creux dans l'estomac. Je n'ai pas encore fait le deuil de mon bébé...
Merci pour votre message… en vous lisant, j’ai presque pu voir la scène : ce petit garçon blotti contre vous dans le même pull. Ces moments-là restent gravés dans le cœur d’une maman.
Et puis un jour, sans prévenir, l’enfant commence à se construire un monde à lui. C’est souvent un passage très déroutant pour nous, parce qu’on doit doucement dire au revoir à ce petit être qui venait se blottir sans se poser de questions.
Ce que vous ressentez est très compréhensible. On ne fait pas toujours le deuil de notre “bébé” au même rythme que lui grandit.
Mais ce que vous décrivez aussi, ce sont ces petites taquineries… qui ressemblent parfois à une autre manière de rester en lien.
Le lien change de forme, mais il ne disparaît pas.
Merci d’avoir partagé ce morceau de votre histoire ici.Hé-là
Hé-là Parentalité
Grandir en même temps que ses enfants… c’est une aventure à part entière.
Il y a quelque chose de très vrai dans ce que vous dites : cette dynamique presque fusionnelle au début, puis ce moment où chacun doit trouver sa propre voie.
J’aime beaucoup votre image de la boussole.
Parce qu’en réalité, nos enfants n’ont pas besoin d’un capitaine qui dirige chaque mouvement…
Ils ont surtout besoin d’un repère qui reste là, même quand la mer devient agitée.
Et oui, leur laisser le droit de se tromper est souvent l’épreuve la plus délicate pour nous, les parents.
Pas parce qu’on ne leur fait pas confiance…
Mais parce qu’on les aime profondément.
Continuer à avancer ensemble, chacun à son rythme, avec lucidité et humour sur nos propres erreurs… c’est déjà une très belle forme d’harmonie.
Et au fond, c’est peut-être ça aussi, grandir en famille. 🌱
Parce qu’au fond, nos enfants n’ont pas besoin de parents parfaits… juste de parents qui grandissent avec eux.